Dites non au stress
vendredi 26 février 2010 à 15h00
Récemment, l'on entendait au journal parlé que l'absentéisme pour cause de maladie avait atteint un nouveau record au sein des entreprises belges. Selon une étude menée par SD Worx, ce phénomène est probablement lié à des facteurs saisonniers comme la grippe mexicaine et divers refroidissements mais également au stress au travail.

Dites non au stress
Les causes ne doivent pas être cherchées bien loin. Depuis l'été 2008, le mot qui revient le plus souvent dans le milieu du travail est la crise. Dès lors, nombreux sont les travailleurs qui ressentent systématiquement un regain de stress au travail. Ils craignent, à tort ou à raison, de perdre leur emploi suite à la précarité économique et n'osent de ce fait pas protester si des efforts supplémentaires leur sont demandés.
Bon nombre d'entreprises ont en effet procédé à des licenciements et les tâches des employés congédiés sont généralement redistribuées aux collègues toujours en place. L'incertitude nous ronge et, associée aux exigences croissantes, elle engendre un stress sans cesse grandissant.
Une étude a révélé que le stress permanent finit par occasionner des troubles physiques avec, pour conséquence, des travailleurs plus souvent absents pour cause de maladie. Leur travail doit donc être assumé par leurs collègues, entraînant ainsi une augmentation de la charge de travail. Ce cercle vicieux ne peut être brisé que si les employeurs accordent plus d'attention à la prévention du stress.
Et c'est également dans leur intérêt car l'absentéisme pour cause de maladie coûte énormément d'argent aux employeurs. Le coût ainsi occasionné leur donnerait sans aucun doute un solide budget pour investir dans la prévention professionnelle. Certains reconnaissent la logique de ce raisonnement et font participer leurs employés à des cours de gestion du stress. Ces programmes mettent l'accent sur la réduction du stress auprès des employés individuels, entre autres par la mise en place d'exercices de relaxation et l'octroi de conseils pour la gestion du temps. Néanmoins, l'inconvénient de cette approche est que l'effet positif n'est généralement pas de longue durée et que, dans la plupart des cas, elle n'offre pas de solution aux problèmes sous-jacents sur le lieu du travail.
Les conditions de travail contribuent généralement à la pression à laquelle sont exposés les employés. Une lourde charge de travail, une absence de temps de pause, de longues journées et des heures de travail irrégulières ne sont pas des données inconnues au sein des entreprises belges. Le manque de participation, la faible communication et le peu de flexibilité envers les employés peuvent également augmenter le niveau de stress. Si vous êtes entouré de collègues solidaires, cela peut faire une sacrée différence, mais tout le monde n'a pas cette chance. Ajoutez à cela une montagne de responsabilités sur les épaules et même les plus résistants au stress finissent par succomber.
Lorsque l'absentéisme pour cause de maladie augmente de manière significative, effectuer une analyse des conditions de travail n'est pas une idée vaine. En tant que chef d'entreprise, il est judicieux de confier cette tâche délicate à une instance indépendante ou à un consultant spécialisé dans le domaine, qui pourra analyser en détail la gestion du stress au sein de l'entreprise. Il peut en effet suffire de donner davantage de feedback positif aux employés ou d'attacher plus d'attention à l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Il est prouvé que ces facteurs agissent comme antidotes contre le stress, engendrant finalement un effet positif pour tous. En fin de compte, tous les managers ne sont-ils pas en faveur de situations où toutes les parties sont gagnantes?
Manu Sinjan



