Les employeurs ne comprennent pas les jeunes travailleurs
mardi 18 octobre 2011 à 11h49
Une enquête récemment menée par Tempo-Team et InSites Consulting révèle que les employeurs connaissent encore mal la génération Y (jeunes de vingt à trente-cinq ans). Et c’est bien dommage car cette incompréhension engendre son lot de tensions et de frustrations inutiles.

Une génération incomprise
Les vingt-trente ans et les jeunes trentenaires semblent former une génération incomprise au sein des entreprises. La plupart des employeurs ont encore bien du mal à reconnaître et valider les traits de caractère et les caractéristiques de profil que ces jeunes s’attribuent. Pire, les patrons les voient sous un jour tout à fait différent. Ce décalage peut devenir source de confusion, de tensions et de frustrations. La jeune génération risque ainsi de passer à côté de certaines opportunités, alors que les entreprises se retrouvent dans l’incapacité de valoriser pleinement leurs jeunes recrues, s’exposant ainsi à les voir filer chez leurs concurrents.
Écart de perception
Lorsqu’on les interroge sur les particularités qui caractérisent le mieux cette génération, les deux groupes apportent des réponses très différentes. Les représentants de la génération Y se considèrent comme des joueurs d’équipe travailleurs, avides d’apprendre, indépendants et flexibles. En revanche, les employeurs les voient plutôt comme des travailleurs égotistes (carrière, ambition, court terme), préoccupés par l’acquisition de connaissances et d’expérience, ayant besoin d’encadrement et de suivi.
Pour les générations plus anciennes, l’écart de perception avec le management n’existe pas ou est beaucoup moins marqué. Ainsi, la génération X (30-45 ans) se définit comme un collectif de professionnels expérimentés, ambitieux et suffisamment flexibles, profil confirmé par les employeurs.
Dans de nombreuses entreprises, l’organisation est encore trop axée sur les générations intermédiaires
À vrai dire, ce constat n’a rien de surprenant étant donné que, dans la plupart des entreprises, le management est lui-même issu des générations intermédiaires. L’écart de perception avec les plus jeunes travailleurs porte aussi bien préjudice aux entreprises qu’aux travailleurs eux-mêmes : pour l’employeur, les malentendus peuvent avoir un impact négatif sur la rétention et l’employer branding, alors que la génération Y, qui doit lutter le plus durement en matière d’emploi en ces temps difficiles, a tout à gagner à être mieux comprise.
Cette différence de perception est d’autant plus regrettable que la génération Y partage, d’après l’enquête, les mêmes valeurs que ses aînés : l’agrément du travail, un revenu stable, une bonne ambiance, la sécurité d’emploi et un bon équilibre travail/vie privée semblent être les critères les plus importants, toutes catégories d’âge confondues.
Portrait de la génération Y
La société aura bien besoin de la génération Y pour compenser la pénurie de main-d’œuvre qui sévira sur le marché de l’emploi lors du départ massif à la retraite des baby-boomers. Les employeurs ont donc tout intérêt à apprendre à mieux la connaître :
• Les jeunes d’aujourd’hui attachent de l’importance aux horaires flexibles, aux entretiens d’évaluation réguliers et aux primes.
• Ils accordent beaucoup de valeur à leur développement personnel et à l’ambiance de travail. Pour les contenter, les employeurs doivent leur permettre de s’épanouir et de relever des défis, et leur garantir de bonnes conditions de travail.
• Si la génération X (1955-1969) a été la première à mettre l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sur le tapis, la génération Y veut aujourd’hui « concilier travail, vie privée, vie sociale, famille et sport ». On peut donc dire qu’elle nourrit des exigences aussi élevées en matière de travail que vis-à-vis des autres aspects de l’existence.
Geert Degrande



