jeudi 17 mai 2012

Travailler autrement pour travailler mieux

mercredi 16 mars 2011 à 12h15

© Thinkstock

Professeur à la K.U. Leuven, Geert Van Hootegem est spécialisé dans l’étude des anciennes et des nouvelles formes d’organisation du travail. Il collabore également avec Flanders Synergy, un pôle de compétence qui assiste les entreprises dans la mise en œuvre de projets sociaux innovants. « En dépit de leur potentiel, les nouvelles formes de travail se heurtent encore trop souvent aux réticences des entreprises. Il n’y a qu’à voir le peu de succès rencontré par une initiative comme la journée nationale du télétravail pour s’en convaincre », souligne-t-il.

« Je suis convaincu qu’il ne suffit pas de vouloir travailler autrement pour améliorer nos modèles d’organisation. Il faut plutôt retourner le problème et adopter une autre organisation afin de mieux travailler. » À en croire ce professeur, le point de non-retour ne serait plus très loin. En tant qu’étudiant de dernière année ou jeune diplômé, préparez-vous aux nouvelles formes de travail qu’adopteront prochainement les employeurs. Non pas parce qu’ils l’ont décidé, mais parce qu’ils y sont contraints par les conditions du marché.

Pour les jeunes, l’avenir s’annonce donc sous les meilleurs auspices. « Suite au vieillissement de la population, d’ici 20 ans, la Flandre disposera de 10 pour cent de candidats travailleurs en moins », prévient Geert Van Hootegem. « Cette pénurie se répercutera sur les jeunes âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Et il ne suffira pas de leur permettre de travailler à la maison ou de passer d’un projet à l’autre pour soulager cette pression, comme on le prétend souvent aujourd’hui. »

Pour Geert Van Hootegem, le télétravail représente un bond de deux siècles en arrière, lorsque le lieu de travail coïncidait avec le domicile. Ce revirement n’est admis que si l’employeur applique des règles qui diffèrent de celles qui sont appliquées dans un environnement de travail classique. Pour le professeur Van Hootegem, l’avenir des jeunes travailleurs n’est pas pour autant sombre. Au contraire. « Lors des recrutements, les entreprises vont devoir accorder plus de place à la diversité, afin de s’entourer de profils très variés. Les chefs d’entreprises devront apprendre à travailler avec des équipes plus petites mais aussi plus autonomes qui ne seront plus régentées par de fastidieuses procédures. » Une bonne nouvelle, puisque plusieurs études récentes ont révélé que c’est précisément ce que veut la nouvelle génération de travailleurs !

Geert Degrande

 

   

Réagir

Attention: Il n'est pas possible de réagir de manière anonyme. Votre nom d'utilisateur apparaîtra au-dessus de votre réaction.

Pour pouvoir placer une réaction, vous devez être enregistré :